Chapelier Fou nous avait laissés en 2020 avec son diptyque Méridiens et Parallèles qui explorait des lieux réels et imaginaires. 7 ans plus tard, avec Quartz, son nouvel opus, il aborde la question du Temps, de ses origines et de sa mesure.
Tout comme l’étalon de la mesure temporelle, passé au fil des siècles de la rotation de la Terre à la révolution autour du Soleil, puis à l’oscillation du cristal de quartz ou de l’atome de Césium, cet album, en 9 pistes qui se déroulent comme un continuum, propose d’éclairer notre rapport au temps par les prismes de l’infiniment grand comme de l’infiniment petit.
Car le temps, même s’il n’est pas à proprement parler la matière de la musique, est comme l’espace qui lui permet d’exister. Du timbre au rythme, du rythme à la forme, de la forme au disque, il est l’artisan de la construction musicale. Au départ, c’est la vibration, l’oscillation, présente en toute chose, des astres monumentaux jusqu’à l’élémentaire photon.
Comment, dès lors, ne pas voir une parenté entre la nature ondulatoire du son et celle de la lumière ? C’est pourquoi la Lumière et la Couleur sont si présentes dans ces compositions, jusqu’aux titres des morceaux :
Après un Ex Nihilo qui, partant du néant, construit petit à petit une machine qui enfle jusqu’à se détraquer, Gasoline Rainbow tente d’enflammer un arc-en-ciel, Pink Noise propose un joyeux voyage dans la physique du son, Iris passe d’une teinte à l’autre sans crier garde, alors qu’Eigengrau (le nom donné à la couleur vue quand nous fermons les yeux) nous invite à contempler l’intérieur de nous-même dans une longue épopée de près de 8 minutes.
In Memoriam, court morceau d’une fausse simplicité, déploie une mélodie entre optimisme et nostalgie, puis plonge dans l’espace infiniment grand de Sinus Orbis. Avant de conclure le cycle de ce disque avec la nuit étoilée de Nox (« cycle »car il peut s’enchaîner avec lui-même et devenir onde à son tour), le psychédélique Time Paradox s’affirme comme un manifeste de l’union du son et de la lumière, de la musique et de la couleur.
Quartz est une oeuvre foisonnante et complexe, grouillante de clins d’oeil et d’auto-citations, de spectres en tous genres et de messages cachés. S’il est impossible de faire le tour du Temps en 43 minutes, Quartz s’efforce, par sa cohésion et son aspect immersif, de contenir en lui bien plus que la somme de ses éléments.